Catégorie : Journal

Nos articles sur la gestion technique du bâtiment, le décret BACS et les installations électriques en tertiaire.

  • Déclaration OPERAT manquée au 30 septembre : et ensuite ?

    Déclaration OPERAT manquée au 30 septembre : et ensuite ?

    Une déclaration manquée sur OPERAT au 30 septembre n’entraîne pas une amende immédiate : la procédure est graduée, et commence par une mise en demeure. Vous pouvez régulariser la déclaration à tout moment, y compris après la date limite. Voici la chronologie exacte, les montants prévus et la marche à suivre.

    Que se passe-t-il le lendemain du 30 septembre ?

    Rien d’automatique. La plateforme OPERAT, gérée par l’ADEME, n’envoie pas de pénalité le jour même : elle constate simplement l’absence ou l’incomplétude de la déclaration pour l’année écoulée. C’est le préfet, et non la plateforme, qui engage ensuite la procédure de sanction prévue par le décret tertiaire, s’il choisit de le faire.

    La première étape, lorsqu’elle intervient, est une mise en demeure de se conformer, assortie d’un délai de trois mois pour régulariser. Ce délai laisse le temps de rassembler les consommations manquantes et de compléter la déclaration : dans la grande majorité des cas observés, une régularisation à ce stade suffit à clore le dossier.

    Quels montants, après quelle procédure ?

    ÉtapeCe qu’elle déclenche
    Absence ou déclaration incomplète au 30 septembreConstat, sans sanction automatique
    Mise en demeure du préfetDélai de 3 mois pour se mettre en conformité
    Mise en demeure restée sans effetPublication de la liste des assujettis défaillants sur un site de l’État
    Toujours sans régularisationAmende administrative, plafonnée à 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale

    Ce plafond de 7 500 € n’est pas un forfait automatique : c’est le montant maximal que l’administration peut prononcer au terme de la procédure, par arrêté préfectoral, et non une amende appliquée dès le dépassement de la date limite. L’article R185-2 du code de la construction et de l’habitation encadre cette sanction, qui s’ajoute, dans les cas les plus visibles, à une publication nominative plutôt dissuasive pour une entreprise ou un bailleur.

    À retenir : la loi impose la déclaration annuelle et prévoit cette procédure en cas de défaut ; ce que la mise en demeure laisse comme marge, c’est à vous de l’utiliser pour régulariser avant toute publication ou amende. Probat Énergie ne dépose pas la déclaration à votre place : nous fournissons les relevés de consommation et les rapports qui l’alimentent.

    Que faut-il déclarer, et avec quelles données ?

    La déclaration porte sur les surfaces assujetties, leur activité, leur année de référence et leurs consommations d’énergie par type d’usage, pour chaque bâtiment ou partie de bâtiment de plus de 1 000 m² à usage tertiaire. L’arrêté du 10 avril 2020 fixe l’échéance du 30 septembre pour transmettre les données de l’année précédente. Une attestation annuelle n’est délivrée que si les données couvrent douze mois consécutifs : une déclaration partielle, sur quelques mois seulement, ne suffit pas à l’obtenir.

    Le choix de l’année de référence et le dépôt de la déclaration restent à la charge du propriétaire ou, selon la répartition prévue au bail, du preneur. Un système de supervision couplé à des compteurs et sous-compteurs ne remplace pas cette démarche administrative, mais il fournit les relevés fiables qui la rendent possible chaque année, sans ressaisie manuelle.

    Comment régulariser une déclaration en retard ?

    La plateforme OPERAT reste ouverte toute l’année : une déclaration en retard peut être déposée à tout moment, y compris après le 30 septembre et après une éventuelle mise en demeure, tant que l’amende n’a pas été prononcée. Il n’existe pas de procédure de régularisation distincte : il s’agit de la même déclaration, complétée aussi vite que possible avec les consommations manquantes.

    Un rappel contractuel, une relance ou un point d’étape avant chaque échéance du 30 septembre limite le risque d’oubli d’une année sur l’autre, en particulier lorsque les données proviennent de plusieurs sites ou de plusieurs prestataires. Ce risque augmente avec le nombre de bâtiments suivis et le nombre de prestataires qui détiennent une partie des relevés : plus les sources de données sont dispersées, plus la reconstitution d’une année manquante prend du temps dans les trois mois laissés par la mise en demeure.

    Comment fiabiliser les prochaines déclarations ?

    Les écarts les plus fréquents viennent de relevés manuels, incomplets ou dispersés entre plusieurs compteurs. Une GTB couplée au comptage centralise les consommations par usage et par bâtiment tout au long de l’année, ce qui évite de reconstituer les données dans l’urgence avant l’échéance. Sur un parc de plusieurs sites, cette centralisation facilite aussi la consolidation demandée par OPERAT, bâtiment par bâtiment.

    Questions fréquentes

    Ai-je une amende automatique si je rate le 30 septembre ?

    Non. La plateforme ne sanctionne rien automatiquement. C’est le préfet qui peut engager une procédure, en commençant par une mise en demeure avec un délai de trois mois pour régulariser.

    Puis-je encore déclarer après la date limite ?

    Oui. OPERAT reste accessible toute l’année et accepte une déclaration tardive, y compris après une mise en demeure, tant que l’amende n’a pas été prononcée.

    Quel est le montant maximal de l’amende ?

    1 500 € pour une personne physique, 7 500 € pour une personne morale, au terme de la procédure prévue à l’article R185-2 du code de la construction et de l’habitation. Il s’agit d’un plafond, pas d’un montant systématique.

    Qui dépose la déclaration, le propriétaire ou le locataire ?

    Cela dépend de la répartition prévue au bail entre bailleur et preneur. Probat Énergie n’effectue pas la déclaration elle-même ; nous fournissons les relevés de consommation qui l’alimentent, quel que soit le signataire final.

    Sources : ministère de la Transition écologique, dispositif Éco Énergie Tertiaire ; décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 ; arrêté du 10 avril 2020 relatif aux modalités de transmission des données de consommation (plateforme OPERAT, ADEME). Consultés le 13 octobre 2026.

    Des relevés de consommation fiables, chaque année ?

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  • F-Gas 2027 : quelles PAC et clim ne pourront plus être vendues ?

    F-Gas 2027 : quelles PAC et clim ne pourront plus être vendues ?

    Le règlement européen sur les gaz à effet de serre fluorés, dit « F-Gas », organise depuis 2024 un calendrier échelonné qui interdit progressivement la mise sur le marché de certaines pompes à chaleur et climatisations selon leur puissance et le fluide qu’elles utilisent. La première échéance qui touche largement le tertiaire tombe le 1ᵉʳ janvier 2027. Voici ce qu’elle change, et ce qu’elle ne change pas pour un équipement déjà installé.

    Que change le règlement F-Gas pour un bâtiment tertiaire ?

    Le règlement (UE) 2024/573 du 7 février 2024 remplace et durcit le précédent règlement F-Gas de 2014. Son principe reste le même : réduire progressivement la quantité de gaz à effet de serre fluorés mise sur le marché européen, en limitant leur potentiel de réchauffement global (PRG), un indicateur qui mesure l’impact climatique d’un fluide par rapport au CO2.

    Pour y parvenir, son annexe IV fixe un calendrier d’interdictions de mise sur le marché, catégorie d’appareil par catégorie d’appareil, en croisant trois critères : le type d’équipement (autonome ou « monobloc », à détente directe en deux parties ou « split »), sa puissance en kilowatts, et le seuil de PRG autorisé à partir d’une date donnée. Plus un appareil est petit et plus son fluide est problématique, plus l’échéance qui le vise arrive tôt.

    Quelle échéance au 1ᵉʳ janvier 2027 ?

    À cette date, deux catégories courantes en tertiaire ne pourront plus être mises sur le marché si elles fonctionnent avec un fluide dont le PRG est égal ou supérieur à 150 : les appareils autonomes (monobloc) jusqu’à 50 kW de puissance, et les systèmes split jusqu’à 12 kW, dans leur version air-eau. Une exception technique limitée, liée à des contraintes de sécurité propres à certaines applications, reste prévue par le texte pour une partie de cette catégorie.

    CatégorieSeuil de PRG viséMise sur le marché interdite à partir du
    Appareil autonome (monobloc), jusqu’à 50 kW150 ou plus1ᵉʳ janvier 2027
    Split air-eau, jusqu’à 12 kW150 ou plus1ᵉʳ janvier 2027
    Autres splits, VRV/DRV, puissances supérieuresSeuils différents, resserrés par étapesÉchéances ultérieures, propres à chaque catégorie

    Le fluide R32, très répandu dans les pompes à chaleur récentes, a un PRG de 675 : il dépasse donc largement ce seuil de 150 et sort du marché, pour les catégories et la date concernées, dès le 1ᵉʳ janvier 2027. Le R410A, plus ancien et plus répandu encore sur le parc existant, a un PRG bien supérieur (plus de 2 000) et quitte le marché encore plus tôt pour ces mêmes catégories.

    À retenir : l’annexe IV fixe des échéances différentes selon la puissance, le type d’appareil (air-eau, air-air, VRV/DRV) et la taille du réseau. Pour un projet qui ne rentre pas dans les deux catégories ci-dessus, la date applicable se vérifie au cas par cas sur le texte en vigueur au moment du projet : nous ne généralisons pas une seule échéance à tous les équipements.

    Un projet lancé fin 2026 est-il concerné ?

    Le règlement interdit la « mise sur le marché », c’est-à-dire la première mise à disposition d’un équipement neuf en vue de sa distribution ou de son utilisation dans l’Union européenne : c’est généralement l’acte du fabricant ou de l’importateur qui place l’appareil sur le marché, pas la date de signature d’un devis ni celle de la mise en service chez le client. En pratique, un appareil déjà fabriqué et mis sur le marché avant l’échéance reste installable ensuite ; un modèle neuf commandé après l’échéance, dans une catégorie concernée, doit respecter le nouveau seuil de PRG.

    Pour un projet de split ou multi-split ou de PAC air-eau engagé fin 2026, la prudence consiste à vérifier, au moment du choix du matériel, le fluide proposé et son PRG plutôt que de se fier à une date générale : un même modèle peut exister en plusieurs versions de fluide, certaines déjà conformes aux seuils à venir.

    Mon équipement déjà installé doit-il être remplacé ?

    Non. Le règlement F-Gas encadre la mise sur le marché d’équipements neufs, pas l’usage d’un parc existant. Un appareil déjà installé reste utilisable, réparable et rechargeable après l’échéance qui vise sa catégorie, y compris avec son fluide d’origine, sous réserve des obligations déjà en vigueur : attestation de capacité fluides frigorigènes pour qui les manipule, et contrôle d’étanchéité périodique pour les équipements concernés, déjà rappelées sur notre page pompe à chaleur et climatisation.

    La question se pose surtout au remplacement ou à l’extension d’une installation : un système DRV existant peut continuer de fonctionner, mais son successeur, s’il est acheté après l’échéance applicable à sa catégorie, devra être proposé avec un fluide conforme au nouveau seuil.

    Quels fluides restent possibles ensuite ?

    Les fabricants orientent déjà une partie de leur offre vers des fluides à PRG plus faible, dont certains fluides dits naturels. Le choix définitif du fluide reste technique : il dépend de la puissance recherchée, du type de bâtiment et des contraintes de sécurité propres à chaque fluide, qu’un professionnel qualifié évalue projet par projet. Probat Énergie ne vend ni ne recommande un fluide par sa marque commerciale ; nous nous appuyons sur le PRG et la catégorie réglementaire de l’appareil au moment du devis.

    Questions fréquentes

    Le règlement F-Gas m’oblige-t-il à changer ma PAC avant 2027 ?

    Non. Il vise la mise sur le marché d’équipements neufs, pas le remplacement d’un parc existant. Un appareil déjà installé reste utilisable après l’échéance.

    Toutes les PAC et climatisations sont-elles concernées au 1ᵉʳ janvier 2027 ?

    Non. Cette échéance vise précisément les appareils autonomes jusqu’à 50 kW et les systèmes split air-eau jusqu’à 12 kW, avec un seuil de PRG de 150. D’autres catégories (splits air-air de plus grande puissance, VRV/DRV) suivent des échéances propres, à vérifier au cas par cas.

    Qu’est-ce que le PRG d’un fluide frigorigène ?

    Le potentiel de réchauffement global mesure l’impact d’un gaz sur le climat, rapporté à celui du CO2 sur une période donnée. Plus il est élevé, plus le fluide est concerné tôt par les seuils du règlement F-Gas.

    Puis-je encore faire réparer un appareil au fluide désormais interdit à la vente ?

    Oui, pour un appareil déjà installé : l’interdiction porte sur la mise sur le marché de matériel neuf, pas sur l’entretien, la recharge ou la réparation d’un équipement existant.

    Sources : règlement (UE) 2024/573 du Parlement européen et du Conseil du 7 février 2024 relatif aux gaz à effet de serre fluorés, annexe IV ; note pédagogique du ministère de la Transition écologique sur l’évolution du règlement F-Gaz (2024/573). Consultés le 13 octobre 2026.

    Un projet de PAC ou de climatisation à préparer ?

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  • Guide ANSSI GTB : 10 points à exiger de votre intégrateur

    Guide ANSSI GTB : 10 points à exiger de votre intégrateur

    L’ANSSI a publié en avril 2026 un guide dédié à la cybersécurité des systèmes de GTB/GTC. Il traduit, en recommandations concrètes, les points qu’une entreprise peut exiger de son intégrateur ou de son mainteneur : réseau d’administration dédié, accès distant chiffré, automates durcis, journalisation. Aucune de ces recommandations n’est obligatoire en elle-même, mais elles donnent une base de négociation précise avec un prestataire.

    Que recommande l’ANSSI pour la GTB ?

    Le guide s’intitule « Recommandations de sécurité relatives à la gestion technique et centralisée du bâtiment (GTB/GTC) », référence ANSSI-PA-110, version 1.0 du 27 avril 2026. Il s’adresse aux développeurs, administrateurs, RSSI (responsables de la sécurité des systèmes d’information), DSI et utilisateurs d’un système de GTB.

    Sauf disposition réglementaire contraire, ces recommandations n’ont pas de caractère normatif : l’ANSSI précise que leur pertinence doit être validée, au préalable, par l’administrateur du système ou les responsables de la sécurité des systèmes d’information. Le guide emploie volontairement le verbe « devoir », plus prescriptif que « il est recommandé », pour chaque mesure ; il les classe aussi par échéance de mise en œuvre, notée N1 (court ou moyen terme) ou N2 (moyen ou long terme), un indicateur de calendrier qui ne reflète pas un niveau d’obligation.

    Quels 10 points exiger de votre intégrateur ?

    Le guide détaille vingt-deux recommandations numérotées (R1 à R22). En voici dix, reprises dans l’ordre où un exploitant peut les demander à son intégrateur ou à son mainteneur.

    Point à exigerCe qu’il évite
    Un réseau d’administration dédié, cloisonné du reste du système d’information (R1, R2)Qu’un poste bureautique compromis serve de rebond vers la GTB
    Des protocoles d’administration chiffrés (TLS, SSH), ou un tunnel VPN à défaut (R3)La capture d’identifiants d’administration en clair sur le réseau
    Un cloisonnement du système par VLAN et par fonction, avec filtrage par pare-feu entre sous-systèmes (R4, R5)Qu’un automate compromis permette d’atteindre tous les autres
    Un tunnel VPN IPsec, ou à défaut TLS v1.3, pour tout accès distant, y compris celui du mainteneur (R6)Qu’une connexion de prise en main à distance circule en clair
    La désactivation de la fonctionnalité « Foreign Device » et un filtrage des échanges BACnet/IP ou Modbus TCP (R7)Une partie de la surface d’attaque propre à ces protocoles
    Des commutateurs durcis, ports Ethernet inutilisés désactivés ou mis en quarantaine (R9, R10)Un branchement non autorisé sur une prise murale
    Des mots de passe par défaut changés sur chaque automate, services inutilisés désactivés (R15, R16)L’accès le plus simple laissé ouvert à un attaquant
    Une journalisation activée des accès et des évènements de sécurité (R18)L’impossibilité de reconstituer un incident après coup
    Des ports USB bloqués, ou un sas de contrôle avant tout support externe (R19, R21)L’introduction d’un code malveillant par clé USB
    Des protocoles sécurisés pour les éventuelles liaisons sans fil entre automates et capteurs (R22)La substitution d’un capteur par un équipement malveillant

    Ces dix points couvrent l’essentiel des chapitres 3.2 à 3.4 du guide. Les annexes techniques, dédiées au filtrage détaillé des protocoles Modbus et BACnet, s’adressent plutôt à l’intégrateur qui configure les équipements qu’à l’exploitant qui les exige.

    Accès distant du mainteneur : que vérifier ?

    Le guide recommande un tunnel VPN IPsec pour tous les accès distants à la GTB, avec une authentification robuste, par exemple multifacteur par certificat. À défaut d’IPsec, un VPN TLS en version 1.3 est toléré. Les protocoles de prise en main à distance non chiffrés par nature, comme le VNC, ne sont pas considérés comme sûrs par le guide et doivent être encapsulés dans un tunnel pour être utilisés.

    Un point mérite une attention particulière : les postes des prestataires externes ne sont, par construction, pas maîtrisés par l’exploitant. Le guide recommande que leurs accès distants transitent par une chaîne d’accès dédiée, complétée par un bastion, plutôt que par le même tunnel que les postes internes. Ces exigences se retrouvent, en termes plus contractuels, parmi les clauses à vérifier dans un contrat de maintenance GTB : comptes nominatifs, information préalable avant connexion, traçabilité des interventions.

    À retenir : ce que le guide recommande : un tunnel chiffré et une authentification robuste pour tout accès distant. Ce qui dépend du contrat : qui, du client ou du mainteneur, héberge et administre ce tunnel. Ce que Probat Énergie applique : les accès laissés par un ancien prestataire font partie des points vérifiés lors d’une reprise de maintenance GTB.

    Que vérifier sur l’intégrité et les sauvegardes ?

    Le guide recommande de vérifier périodiquement l’intégrité du logiciel d’ingénierie, du micrologiciel et de la configuration de chaque automate, afin de détecter si une bibliothèque ou une fonction a été modifiée. Certains logiciels d’ingénierie intègrent une fonction d’auto-test à cet effet.

    Le guide ne détaille pas de politique de sauvegarde à proprement parler. En complément de cette vérification d’intégrité, conserver une copie à jour de la configuration de chaque automate, en dehors du système de GTB lui-même, reste une pratique courante pour restaurer rapidement une installation après un incident ou un remplacement de matériel.

    Que faire d’une GTB déjà en service, sans ces protections ?

    Le guide distingue les recommandations à mettre en œuvre à court ou moyen terme (N1) de celles à moyen ou long terme (N2). Pour une GTB déjà en exploitation, cette hiérarchie donne un ordre de priorité réaliste : réseau d’administration dédié, changement des mots de passe par défaut et VPN pour les accès distants d’abord ; cloisonnement fin par VLAN privés ou journalisation centralisée ensuite.

    Ce travail de mise à niveau se mène généralement en même temps qu’une visite de maintenance ou une reprise de GTB abandonnée, puisqu’il suppose d’intervenir sur les automates, les protocoles utilisés et, sur un parc de plusieurs bâtiments, sur chaque site raccordé. Nous vérifions ces points avant toute intervention sur une installation existante, sans présumer de leur état avant la visite.

    Questions fréquentes

    Le guide ANSSI est-il obligatoire pour une GTB ?

    Non. Sauf disposition réglementaire contraire, ses recommandations n’ont pas de caractère normatif ; elles doivent être validées par l’administrateur du système avant d’être appliquées. Elles restent la référence technique la plus précise disponible sur la sécurité d’une GTB.

    Qu’est-ce qu’un VPN IPsec, et pourquoi le guide le recommande-t-il pour la GTB ?

    C’est un tunnel chiffré entre deux points du réseau. Le guide le recommande pour tout accès distant à la GTB, y compris celui d’un mainteneur, afin qu’une connexion de prise en main à distance ne circule jamais en clair.

    Une petite GTB, avec quelques automates, est-elle concernée par ces recommandations ?

    Oui : le guide s’applique à tout système de GTB/GTC, quelle que soit sa taille. Les mesures classées en échéance N1 restent accessibles à une installation modeste : réseau d’administration dédié, mots de passe par défaut changés, accès distant par VPN.

    Qui est responsable de la sécurité d’une GTB confiée à un prestataire ?

    Cela dépend du contrat signé avec le mainteneur ou l’intégrateur. Le guide s’adresse autant aux prestataires qu’aux exploitants ; demander à son intégrateur de documenter les points appliqués, parmi ceux listés ci-dessus, permet de clarifier cette répartition avant signature.

    Sources : ANSSI, « Recommandations de sécurité relatives à la gestion technique et centralisée du bâtiment (GTB/GTC) », référence ANSSI-PA-110, version 1.0 du 27 avril 2026. Guide consulté le 8 octobre 2026.

    Une maintenance ou une reprise de GTB à sécuriser ?

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  • Vidéosurveillance au travail : les réponses de la CNIL

    Vidéosurveillance au travail : les réponses de la CNIL

    La vidéosurveillance en entreprise est autorisée, mais encadrée : certains lieux restent interdits aux caméras, les salariés et leurs représentants doivent en être informés avant la mise en service, et les images ne se conservent pas indéfiniment. Voici ce que la CNIL en dit pour une entreprise qui filme ses propres locaux, hors espace ouvert au public.

    Où filmer, et où c’est interdit ?

    Une caméra en entreprise doit répondre à une finalité précise, le plus souvent la sécurité des biens et des personnes. Cette finalité limite elle-même les lieux filmables : elle ne justifie ni une surveillance permanente des salariés, ni un accès aux espaces les plus intimes de la vie au travail.

    LieuVidéosurveillance
    Entrées, issues, zones de stockage sensiblesAutorisée, si elle répond à un objectif de sécurité
    Poste de travail, en continuInterdite, sauf exception strictement justifiée (manipulation de fonds, poste exposé à un risque particulier)
    Toilettes, vestiaires, salles de pauseInterdite
    Locaux syndicaux et zones d’exercice du droit de représentationInterdite

    Ces restrictions figurent dans la page de référence de la CNIL sur la vidéosurveillance au travail. Dans le cadre d’une installation électrique courant faible, Probat Énergie pose et dimensionne les caméras demandées ; le choix des zones filmées, lui, relève de cette analyse préalable, que l’entreprise doit mener avant la commande.

    Qui informer avant d’allumer les caméras ?

    Le code du travail impose une information préalable, individuelle, de chaque salarié : l’article L1222-4 dispose qu’aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté préalablement à sa connaissance. En pratique, cela passe par une note, un affichage ou une mention au règlement intérieur, complétés par une signalétique visible dans les zones filmées, avant la mise en service des caméras.

    Lorsqu’un comité social et économique (CSE) existe, l’article L2312-38 impose une seconde étape : le comité est informé et consulté avant la décision de mettre en œuvre le dispositif, pas après son installation. Omettre cette consultation n’est pas qu’une formalité : une entreprise qui filme ses salariés sans les en avoir informés au préalable s’expose à voir les images écartées comme preuve, en cas de litige.

    À retenir : ce que la loi impose : l’information préalable de chaque salarié (L1222-4) et, si un CSE existe, sa consultation avant la mise en œuvre (L2312-38). Ce qui dépend du bâtiment : le nombre et l’emplacement des caméras, décidés avec le prestataire qui les pose. Ce que Probat Énergie recommande : mener ces démarches d’information dès la phase de dimensionnement, avant la pose, pas après.

    Combien de temps conserver les images ?

    La CNIL retient un principe de conservation courte : un mois au maximum, et souvent quelques jours suffisent en pratique, le temps de constater un éventuel incident. La durée ne doit pas être fixée en fonction de la seule capacité de stockage de l’enregistreur ; lorsque c’est techniquement possible, elle doit être paramétrée dans le système lui-même, pas laissée à la discrétion de qui consulte les images.

    En cas d’incident nécessitant une procédure disciplinaire ou pénale, les images concernées peuvent être extraites du dispositif et conservées plus longtemps que la durée courante, à condition de consigner cette extraction dans un registre dédié. C’est l’exception à la règle de conservation courte, pas la règle elle-même.

    Registre ou autorisation préfectorale ?

    Depuis l’entrée en application du RGPD, une entreprise qui filme ses propres locaux n’a plus, dans la plupart des cas, à déclarer son dispositif à la CNIL. Elle doit en revanche documenter le traitement dans son registre interne : finalité, zones filmées, durée de conservation, personnes habilitées à consulter les images, mesures de sécurité retenues.

    Ce registre suffit tant que les caméras ne filment que des lieux non ouverts au public : bureaux, ateliers, entrepôt sans zone d’accueil. Dès qu’un espace accessible au public entre dans le champ des caméras (accueil, zone de vente), un régime différent s’applique, avec une autorisation délivrée par le préfet après avis de la commission compétente, pour une durée généralement renouvelable. Une entreprise strictement professionnelle, sans accueil de public, n’est pas concernée par ce second régime.

    Une analyse d’impact (AIPD) est-elle nécessaire ?

    Le RGPD impose une analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) pour les traitements susceptibles d’engendrer un risque élevé pour les droits des personnes filmées. La CNIL tient à jour une liste des traitements concernés : en cas de doute sur un dispositif de vidéosurveillance particulier, il convient de la consulter, ou de s’appuyer sur un délégué à la protection des données, avant la mise en service.

    Ce travail d’analyse ne fait pas partie de ce que pose Probat Énergie : nous installons et dimensionnons les caméras demandées, sans rédiger l’AIPD ni le registre de traitement, qui relèvent de votre responsabilité ou de celle de votre délégué à la protection des données. Le même encadrement s’applique à un contrôle d’accès par badge dès lors qu’il enregistre des données sur les salariés.

    Questions fréquentes

    Peut-on filmer un salarié en continu à son poste de travail ?

    Non, sauf exception strictement justifiée, comme la manipulation de fonds ou un poste exposé à un risque particulier. Une surveillance permanente et généralisée des salariés ne correspond pas à la finalité de sécurité qui justifie la vidéosurveillance.

    Faut-il l’accord des salariés avant d’installer des caméras ?

    La loi n’exige pas leur accord individuel, mais leur information préalable (article L1222-4 du code du travail), ainsi que la consultation du comité social et économique quand il existe (article L2312-38), avant la mise en service du dispositif.

    Les images filmées peuvent-elles servir de preuve en cas de litige ?

    Oui, si le dispositif respecte les règles d’information et de finalité décrites ci-dessus. Des images issues d’un système installé sans en informer les salariés au préalable risquent, à l’inverse, d’être écartées comme moyen de preuve.

    Une entreprise sans accueil du public doit-elle demander une autorisation au préfet ?

    Non. Ce régime d’autorisation concerne les lieux ouverts au public. Une entreprise qui filme seulement ses propres locaux, sans accueillir de public, tient un registre de traitement RGPD, mais ne sollicite pas le préfet.

    Qui peut avoir accès aux images enregistrées ?

    Seules les personnes habilitées et désignées pour cette tâche, dans des conditions garantissant la sécurité des images contre tout accès non autorisé. Cette liste de personnes habilitées figure dans le registre de traitement de l’entreprise.

    Un projet de vidéosurveillance ou de contrôle d’accès ?

    Vous gérez un site professionnel en Île-de-France ou dans l’Oise ? Décrivez-nous votre installation, nous vous répondons après visite.

  • Supervision, télégestion, hypervision : quelle différence ?

    Supervision, télégestion, hypervision : quelle différence ?

    Supervision, télégestion et hypervision désignent trois niveaux différents de suivi d’une GTB, et non trois techniques concurrentes. La supervision consulte et pilote une installation sur un site ; la télégestion ajoute l’accès à distance ; l’hypervision fédère plusieurs sites ou plusieurs métiers (GTB, vidéosurveillance, contrôle d’accès) sur un même écran. Aucun de ces trois termes n’a de définition réglementaire propre : ce sont des usages du secteur, pas des catégories du décret BACS.

    Qu’est-ce que la supervision d’une GTB ?

    La supervision centralise, sur un poste ou un écran, les informations issues des automates d’un bâtiment : températures, états de fonctionnement, alarmes. Elle permet de consulter ces données et, selon les droits accordés, de déclencher des actions (changer une consigne, forcer un équipement) depuis cette interface unique. C’est la fonction de base d’une GTB : sans elle, chaque automate reste piloté séparément, sans vue d’ensemble. Notre page supervision GTB détaille ce que nous installons et paramétrons concrètement.

    Qu’est-ce que la télégestion ?

    La télégestion ajoute à la supervision la possibilité d’agir et de consulter l’installation à distance, hors du site. Elle permet à un gestionnaire d’être alerté d’un défaut à tout moment, sans présence physique, et de réduire le délai avant intervention en identifiant le problème avant de se déplacer. Dans l’usage courant du secteur, « télégestion » insiste sur cette dimension à distance, là où « supervision » désigne plus largement la centralisation elle-même, sur site ou non. Cette surveillance à distance fait partie de ce que recouvre, plus largement, un contrat de maintenance GTB.

    Qu’est-ce que l’hypervision ?

    L’hypervision va plus loin que la supervision d’une seule GTB : elle fédère sur un même écran plusieurs sites, ou plusieurs métiers techniques d’un même site (chauffage et climatisation, vidéosurveillance, contrôle d’accès, alarme intrusion). Elle s’adresse surtout aux gestionnaires d’un parc de bâtiments, qui ont besoin d’une vue consolidée plutôt que d’ouvrir un poste de supervision par site. Voir notre page sur la GTB multisite pour les choix propres à un parc de plusieurs bâtiments.

    Lequel choisir sans technicien sur site ?

    Un bâtiment sans technicien présent en permanence gagne presque toujours à ajouter la dimension à distance : c’est elle qui réduit le délai entre l’apparition d’un défaut et son diagnostic, avant même qu’un déplacement soit nécessaire. Le choix entre une simple télégestion d’un site et une hypervision dépend du nombre de sites et de métiers à surveiller : un site unique n’a pas besoin de fédérer plusieurs bâtiments, tandis qu’un gestionnaire de plusieurs sites y gagne en temps de consultation. Ce choix se fait au cas par cas, selon l’installation existante ; il ne relève pas d’une obligation réglementaire.

    Quels risques pose un accès distant à une GTB ?

    Ouvrir un accès distant à une GTB élargit aussi sa surface d’exposition : un automate ou un poste de supervision mal protégé devient accessible depuis l’extérieur du bâtiment. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a publié des recommandations de sécurité propres à la gestion technique du bâtiment, qui rappellent qu’une GTB est « généralement constituée de sous-systèmes de gestion technique centralisée (GTC) » et qu’elle appelle, de ce fait, une vigilance spécifique sur les accès qui la relient au reste du système d’information. Avant d’ouvrir un accès distant, il convient donc de vérifier qui peut s’y connecter, avec quels droits, et de conserver une trace des connexions. Ce sont des points que nous vérifions lors de la reprise d’une GTB existante, où des accès oubliés par un ancien prestataire sont une cause fréquente de faille.

    À retenir : aucun texte réglementaire ne définit ni n’impose la supervision, la télégestion ou l’hypervision : ce sont des usages du secteur, à ne pas confondre avec les classes A à D du décret BACS, qui portent sur le niveau de performance de la régulation, pas sur le mode de consultation. Ce qui dépend du bâtiment : le nombre de sites à surveiller et la présence ou non d’un technicien sur place. Ce que nous recommandons : sécuriser tout accès distant dès sa mise en place, quel que soit le terme retenu pour le désigner.

    Questions fréquentes

    Supervision, télégestion, hypervision : quelle différence en une phrase ?

    La supervision centralise les informations d’une installation ; la télégestion y ajoute l’accès à distance ; l’hypervision fédère plusieurs sites ou plusieurs métiers techniques sur un même écran.

    Ces termes sont-ils définis par le décret BACS ?

    Non. Le décret BACS fixe des classes de performance (A à D) pour les fonctions de régulation d’un bâtiment, mais ne définit ni n’impose un mode de supervision, de télégestion ou d’hypervision particulier.

    Une PME avec un seul site a-t-elle besoin d’hypervision ?

    Rarement : l’hypervision répond surtout au besoin de fédérer plusieurs sites ou plusieurs métiers techniques. Un site unique se contente le plus souvent d’une supervision, complétée par un accès à distance si personne n’est présent en permanence.

    Qui peut se connecter à distance à une GTB ?

    Cela dépend des droits attribués à chaque compte. La bonne pratique consiste à limiter les accès à des comptes nominatifs, à retirer les comptes devenus inutiles et à conserver une trace des connexions, conformément aux recommandations de sécurité de l’ANSSI pour la gestion technique du bâtiment.

    Un besoin de supervision, à distance ou multisite ?

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  • Classe A, B, C ou D : laquelle exige le décret BACS ?

    Classe A, B, C ou D : laquelle exige le décret BACS ?

    Le décret BACS n’impose pas une classe unique pour tout le bâtiment : la classe C suffit pour la plupart des fonctions de régulation d’une GTB, mais deux fonctions précises exigent déjà la classe B, et deux autres la classe A. La classe retenue pour l’ensemble du bâtiment est toujours la plus faible des classes atteintes, fonction par fonction.

    Que sont les classes A, B, C et D d’une GTB ?

    La norme NF EN ISO 52120-1 classe l’automatisation et la régulation d’un bâtiment en quatre niveaux, de D (le plus faible) à A (le plus avancé). Chaque fonction technique — régulation du chauffage, gestion des points de consigne, suivi des consommations — reçoit sa propre classe, selon le niveau d’automatisation réellement installé pour cette fonction précise. Un même bâtiment peut ainsi combiner plusieurs classes selon les fonctions, et la norme fixe la règle pour en déduire une classe globale. Cette classe ne concerne que la fonction de régulation : elle s’ajoute aux conditions d’assujettissement au décret, qui dépendent elles de la puissance installée (voir comment calculer la puissance de 70 kW du décret BACS).

    Quelle classe le décret BACS exige-t-il, fonction par fonction ?

    D’après la FAQ officielle BACS, le décret ne retient pas la même exigence pour toutes les fonctions de régulation couvertes par la norme NF EN ISO 52120-1. Trois d’entre elles sont soumises à un plancher plus élevé que la classe C :

    Fonction (norme NF EN ISO 52120-1)Classe minimale exigée par le décret BACS
    Gestion des points de consigne (fonction 7.1)B, ou équivalent
    Gestion du temps de fonctionnement (fonction 7.2)A, ou équivalent
    Rapport de consommation et des conditions intérieures (fonction 7.4)A, ou équivalent
    Autres fonctions de régulation couvertes par la normeC, ou équivalent

    Seules les fonctions qui ont un effet pertinent pour le bâtiment concerné doivent être considérées : un bâtiment sans climatisation n’a par exemple pas besoin d’une régulation individuelle par pièce pour cet usage. L’évaluation se fait donc au cas par cas, fonction technique installée par fonction technique installée.

    Comment la classe globale du bâtiment est-elle déterminée ?

    L’évaluation se fait système technique par système technique, y compris lorsqu’un même usage combine plusieurs typologies d’équipements. Pour chaque système, la classe la plus faible atteinte parmi ses fonctions définit la classe de ce système ; la classe la plus faible parmi les systèmes définit à son tour la classe globale du bâtiment. La FAQ officielle donne un exemple concret : un bâtiment qui combine un chauffage central et des convecteurs électriques doit faire respecter la classe minimale sur chacun des deux modes de chauffage ; si le chauffage central atteint la classe C pour la régulation de l’émission et les convecteurs la classe B, le bâtiment reçoit la classe C, la plus faible des deux.

    Cette logique du « maillon le plus faible » explique pourquoi un bâtiment peut avoir, par exemple, un éclairage en classe B et un chauffage en classe C : la classe globale retenue sera C.

    La classe C sur l’ensemble des fonctions suffit-elle ?

    Non. Même si toutes les fonctions de régulation d’un bâtiment atteignent la classe C, cela ne suffit pas à respecter le décret BACS : la fonction de gestion des points de consigne doit atteindre au moins la classe B, et la gestion du temps de fonctionnement ainsi que le rapport de consommation et des conditions intérieures doivent atteindre au moins la classe A. Une GTB entièrement en classe C sur ces trois fonctions précises ne répond donc pas aux exigences du décret, même si elle les respecte pour toutes les autres fonctions.

    Pourquoi viser la classe A ou B au-delà du minimum ?

    Respecter les classes minimales exigées par le décret BACS ne donne pas automatiquement droit à des aides. La fiche d’opération standardisée BAT-TH-116, qui permet d’obtenir des certificats d’économies d’énergie (CEE) pour l’installation d’un système d’automatisation et de contrôle, exige que l’ensemble des fonctions applicables atteigne la classe A ou B, et pas seulement les trois fonctions soumises à ce plancher par le décret. L’éligibilité aux CEE se vérifie donc fonction par fonction, au regard du tableau applicable à la fiche, et non au regard du seul respect du décret. Le détail des obligations générales du décret, seuils et échéances compris, reste sur notre page décret BACS : quelles obligations de GTB et sur notre offre de mise en conformité au décret BACS ; le choix des automates capables d’atteindre ces classes relève du travail de l’intégrateur GTB.

    À retenir : ce que le décret impose, c’est une classe minimale différente selon la fonction (B pour les points de consigne, A pour le suivi du temps de fonctionnement et des consommations, C pour le reste) — pas une classe unique pour tout le bâtiment. Ce qui dépend du bâtiment, c’est la liste des fonctions réellement concernées, selon les équipements installés (chauffage, climatisation, éclairage…). Ce que nous recommandons : évaluer dès l’étude la classe atteignable fonction par fonction, pour anticiper à la fois la conformité au décret et une éventuelle éligibilité aux CEE.

    Questions fréquentes

    Qu’est-ce que la classe d’une GTB ?

    C’est un niveau de performance défini par la norme NF EN ISO 52120-1, de D (le plus faible) à A (le plus avancé), attribué fonction par fonction selon le niveau d’automatisation réellement installé pour cette fonction.

    Quelle classe minimale le décret BACS impose-t-il ?

    La classe C pour la plupart des fonctions de régulation, mais la classe B pour la gestion des points de consigne, et la classe A pour la gestion du temps de fonctionnement et pour le rapport de consommation et des conditions intérieures.

    Comment calcule-t-on la classe globale d’un bâtiment ?

    En retenant, pour chaque système technique, la classe la plus faible parmi ses fonctions, puis en retenant, pour l’ensemble du bâtiment, la classe la plus faible parmi tous les systèmes évalués.

    Une GTB existante peut-elle être reclassée sans tout remplacer ?

    Cela dépend des fonctions déjà couvertes par les automates et capteurs en place : certaines fonctions peuvent parfois être relevées par un paramétrage ou un ajout ciblé, d’autres nécessitent un équipement supplémentaire. Seule une visite permet de l’évaluer fonction par fonction.

    Atteindre la classe A ou B donne-t-il automatiquement droit à des aides ?

    Non. Le respect des classes minimales du décret BACS ne suffit pas pour la fiche CEE BAT-TH-116 : celle-ci exige que l’ensemble des fonctions applicables, et pas seulement celles ciblées par le décret, atteigne la classe A ou B.

    Sources : ministère de la transition écologique, FAQ officielle BACS — FAQ 14, FAQ 15, FAQ 17, FAQ 18 et FAQ 19 ; guide d’application du décret BACS (janvier 2026). Textes consultés le 6 octobre 2026.

    Vous devez évaluer la classe de votre GTB ?

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  • Contrat de maintenance GTB : 12 clauses à vérifier

    Un contrat de maintenance GTB ne se résume pas à une fréquence de visite. Douze clauses déterminent qui possède les réglages de l’installation, qui peut y accéder à distance, et ce qui se passe le jour où vous changez de prestataire. Voici lesquelles vérifier avant de signer, et ce que la loi impose déjà, indépendamment de tout contrat.

    Que couvre le contrat ?

    Un contrat de maintenance GTB sérieux précise d’abord son périmètre exact, avant tout engagement de délai ou de prix. Trois clauses à vérifier en premier :

    1. Le périmètre couvert : GTB et GTC uniquement, ou englobe-t-il à tort des équipements terminaux (chauffage, climatisation, courant fort) qui relèvent d’autres corps de métier ?
    2. Le niveau d’intervention proposé : simple surveillance à distance, suivi actif avec intervention programmée, ou exploitation complète avec astreinte.
    3. Les objets réellement couverts : automates, passerelles, capteurs, poste de supervision — et non les équipements qu’ils pilotent.
    4. La propriété des fichiers de programmation et des paramètres : ils doivent appartenir au client, pas seulement rester dans les mains du prestataire.
    5. Le nom au compte duquel sont ouverts les comptes administrateurs de la supervision et des automates.
    6. La fréquence et la conservation des sauvegardes de configuration.
    7. Les délais d’intervention écrits, sur site et à distance, en cas d’anomalie.
    8. Les modalités d’accès distant : comptes nominatifs, information préalable, traçabilité des interventions.
    9. La clause de réversibilité : format, délai et modalités de remise des données en cas de changement de prestataire.
    10. Le contenu et la fréquence des rapports d’intervention, et leur durée de conservation.
    11. La préparation de l’inspection périodique réglementaire : qui fournit l’analyse fonctionnelle et les éléments nécessaires.
    12. Les conditions de sortie du contrat : préavis et restitution documentaire complète.

    Qui possède quoi ?

    C’est le point le plus souvent négligé : un contrat de maintenance peut très bien fonctionner pendant des années sans jamais préciser à qui appartiennent les fichiers de programmation et les comptes d’accès. En pratique, cela veut dire que le client dépend entièrement du prestataire en place pour toute intervention, y compris pour un simple changement de consigne. Le contrat devrait indiquer explicitement que les paramètres de l’installation appartiennent au client, et que les comptes administrateurs sont ouverts à son nom, même si c’est le prestataire qui les gère au quotidien. C’est une clause contractuelle : rien dans les textes n’impose aujourd’hui cette propriété, elle se négocie.

    Quels délais ?

    Les délais d’intervention — sur site ou à distance — ne sont fixés par aucun texte réglementaire : ils résultent uniquement de ce que le contrat prévoit noir sur blanc. Un contrat qui se contente de mentionner une « intervention rapide » sans délai chiffré n’offre aucune garantie opposable. Il en va de même pour la fréquence des sauvegardes de configuration : sans clause explicite, rien n’empêche un prestataire de ne jamais en réaliser, ce qui complique toute reprise future de l’installation.

    Accès distant sécurisé ?

    Pour la télémaintenance des systèmes de gestion technique du bâtiment, l’ANSSI recommande de limiter les accès distants aux seules personnes qui en ont réellement besoin, de privilégier des comptes nominatifs plutôt que des comptes partagés entre techniciens, et de conserver une trace de chaque intervention effectuée à distance. Un contrat de maintenance sérieux reprend ces principes : il précise que le client est informé avant toute connexion distante, que les comptes techniciens sont individuels et peuvent être désactivés indépendamment les uns des autres, et qu’un registre des interventions est tenu. Ces exigences ne sont pas propres à la GTB : la CNIL formule des recommandations proches pour tout accès de télémaintenance à des systèmes contenant des données, à commencer par l’information préalable du client avant chaque connexion.

    Réversibilité ?

    La clause de réversibilité organise ce qui se passe le jour où le contrat prend fin, volontairement ou non. Elle doit préciser le format de restitution des données (un format standard, lisible par un autre prestataire, plutôt qu’un format propriétaire figé), le délai de remise après la demande, et si le client peut déclencher seul cette récupération ou doit attendre l’accord du prestataire. Sans cette clause, un changement de prestataire ressemble davantage à une reprise de GTB abandonnée qu’à une transition organisée : voir notre check-list sur la reprise d’une GTB existante pour mesurer l’écart entre les deux situations.

    Préparer l’inspection périodique ?

    Pour les bâtiments dont le chauffage ou la climatisation dépasse 70 kW de puissance nominale utile, l’inspection périodique prévue par l’article R175-5-1 du code de la construction et de l’habitation reste due au maximum tous les cinq ans, ramenés à deux ans après l’installation ou le remplacement du système. Cette obligation s’impose au propriétaire, que la GTB soit ou non sous contrat de maintenance. Un contrat bien rédigé précise néanmoins qui, du prestataire ou du client, fournit l’analyse fonctionnelle et les éléments documentaires nécessaires à cette inspection : le détail de ce que contrôle l’inspection figure sur notre page dédiée. Il est en revanche inexact d’écrire qu’un contrat de maintenance est lui-même obligatoire : la loi impose des vérifications périodiques et une inspection, pas la signature d’un contrat auprès d’un prestataire externe.

    À retenir : aucun texte n’impose de signer un contrat de maintenance GTB ; en revanche, une fois signé, c’est lui seul qui fixe les délais d’intervention, la propriété des paramètres et les conditions de reprise en cas de changement de prestataire. Vérifiez ces clauses avant la signature : elles sont bien plus difficiles à renégocier après.

    Questions fréquentes

    Un contrat de maintenance GTB est-il obligatoire ?

    Non. La loi impose des vérifications périodiques encadrées par des consignes écrites et, selon la puissance du bâtiment, une inspection périodique, mais elle n’impose pas de signer un contrat avec un prestataire externe. Un personnel interne compétent peut assurer ces vérifications, à condition de respecter les mêmes exigences.

    Que contient un contrat de maintenance GTB ?

    Un contrat sérieux précise au minimum le périmètre couvert, le niveau d’intervention, les délais écrits, la propriété des paramètres et des comptes, les modalités d’accès distant, la clause de réversibilité et les conditions de sortie. Ce sont les douze points détaillés plus haut.

    Qui possède les paramètres d’une GTB sous contrat de maintenance ?

    Cela dépend entièrement de ce que prévoit le contrat : rien dans les textes n’impose que les fichiers de programmation appartiennent au client plutôt qu’au prestataire. C’est pourquoi cette clause doit être vérifiée avant la signature, pas après.

    Que se passe-t-il si je change de prestataire de maintenance GTB ?

    Tout dépend de la clause de réversibilité, quand elle existe : format de restitution des données, délai de remise, et autonomie du client pour déclencher la récupération. En son absence, le changement de prestataire se rapproche d’une reprise de GTB abandonnée, avec un inventaire et des tests à refaire.

    Vous relisez un contrat de maintenance GTB avant de signer ?

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  • Reprise d’une GTB abandonnée : la check-list en 12 points

    Reprendre une GTB existante sans son installateur d’origine commence toujours par le même réflexe : savoir ce qui est réellement posé avant de décider quoi faire. Mots de passe perdus, automates verrouillés, documentation absente : rien de tout cela n’empêche une remise en service, à condition de procéder dans l’ordre. Voici la check-list en douze points, et comment trancher entre garder, compléter ou remplacer chaque équipement. Le détail de ce que recouvre l’entretien d’une GTB au long cours est traité sur notre page maintenance GTB.

    Que faire en premier ? La check-list en 12 points

    Avant toute intervention technique, un état des lieux complet évite de revenir deux fois sur le même sujet. Dans l’ordre :

    1. Faire l’inventaire des équipements posés : automates, passerelles, capteurs, actionneurs, poste de supervision.
    2. Identifier le ou les protocoles de communication utilisés (Modbus, BACnet, KNX, LoRaWAN…).
    3. Localiser l’armoire de supervision et vérifier les accès physiques (clés, codes de l’armoire).
    4. Vérifier si un contrat de maintenance est encore actif, même partiellement, auprès de l’ancien prestataire.
    5. Rechercher les identifiants d’accès à la supervision et à chaque automate.
    6. Vérifier si les comptes administrateurs sont au nom de l’entreprise ou encore à celui de l’ancien prestataire.
    7. Évaluer l’état des sauvegardes de configuration : existent-elles, sont-elles à jour, où sont-elles conservées ?
    8. Vérifier si l’analyse fonctionnelle et le dossier technique d’origine existent encore.
    9. Tester le fonctionnement réel des équipements : régulation, alarmes, points physiques.
    10. Décider, équipement par équipement, de le garder, le compléter ou le remplacer.
    11. Sécuriser les accès distants : comptes nominatifs, suppression des comptes obsolètes.
    12. Programmer l’inspection périodique si elle n’a jamais eu lieu ou si elle est due.

    Comment récupérer des accès bloqués ?

    Un automate verrouillé ou une supervision sans mot de passe connu ne signifie pas toujours qu’il faut tout remplacer. L’ANSSI recommande, pour les systèmes de gestion technique du bâtiment, de limiter les accès distants aux seules personnes qui en ont réellement besoin, de préférer des comptes nominatifs à des comptes partagés, et de conserver une trace des interventions effectuées à distance. Appliqué à une reprise, cela veut dire recréer des comptes propres au nouvel exploitant dès que l’accès est rétabli, plutôt que de continuer à utiliser un identifiant générique hérité de l’ancien prestataire. Quand aucun identifiant n’est retrouvé et que le fabricant ou l’intégrateur d’origine ne peut pas le réinitialiser à distance, une remise à zéro du contrôleur concerné, voire son remplacement, devient la seule option fiable.

    Garder, compléter ou remplacer : comment trancher ?

    La décision se prend équipement par équipement, jamais pour l’ensemble de l’installation d’un bloc :

    Situation constatéeDécision habituellePoint de vigilance
    Équipement fonctionnel, documenté, protocole ouvertGarder et raccorder à la nouvelle supervisionVérifier que le protocole reste pris en charge par le poste de supervision retenu
    Équipement fonctionnel mais sans documentation ni accès retrouvésCompléter : inventaire et sauvegarde avant toute modificationNe jamais reprogrammer un automate sans avoir sauvegardé sa configuration actuelle
    Équipement en panne ou dont les pièces ne sont plus disponiblesRemplacerVérifier la compatibilité du protocole avant de poser un nouveau contrôleur
    Accès durablement perdus, sans possibilité de réinitialisationRemplacer le contrôleur concernéUn accès irrécupérable empêche toute sécurisation ultérieure des connexions distantes

    Au sens du décret BACS, une reprise ne remet pas en cause les échéances déjà applicables au bâtiment : si le chauffage ou la climatisation dépasse 70 kW de puissance nominale utile, l’inspection périodique prévue par l’article R175-5-1 du code de la construction et de l’habitation reste due, qu’elle ait ou non été réalisée par le prestataire précédent. Voir notre page sur l’inspection périodique de la GTB pour le détail des délais.

    Que documente une remise en service sérieuse ?

    Qu’il s’agisse d’un intégrateur GTB ou d’une reprise en interne, un repreneur qui fait correctement son travail laisse derrière lui un dossier exploitable par n’importe quel intervenant futur : un inventaire à jour des équipements et de leurs protocoles, une sauvegarde datée des configurations, un dossier technique reconstitué quand l’original a disparu, et des comptes d’accès ouverts au nom du nouvel exploitant plutôt qu’à celui d’un prestataire disparu. Ce n’est pas une obligation légale en tant que telle : c’est la condition pour que la prochaine reprise, dans dix ans, ne reparte pas de zéro. C’est aussi le bon moment pour vérifier, ou faire rédiger, un véritable contrat de maintenance GTB : sans lui, la prochaine reprise ressemblera à celle-ci.

    Combien de temps prévoir ?

    Il n’existe pas de durée type : elle dépend du nombre d’équipements à inventorier, de la disponibilité ou non d’une documentation d’origine, de l’accessibilité physique de l’armoire et du site, et du nombre de protocoles différents à faire cohabiter. Une installation bien documentée et accessible se reprend nettement plus vite qu’une installation dont l’armoire est inaccessible et dont aucun schéma n’a survécu. Seule une visite sur site permet de donner une estimation fiable, propre à chaque bâtiment.

    À retenir : reprendre une GTB abandonnée ne veut pas dire tout remplacer. L’inventaire et le test de chaque équipement permettent souvent de garder l’essentiel et de ne remplacer que ce qui est réellement hors d’usage. Si le bâtiment dépasse 70 kW de chauffage ou de climatisation, l’inspection périodique de l’article R175-5-1 reste due, même après un changement de prestataire.

    Questions fréquentes

    Dois-je changer tout le système pour reprendre une GTB abandonnée ?

    Non. La plupart des équipements fonctionnels et documentés peuvent être conservés et raccordés à une nouvelle supervision, à condition que leur protocole de communication reste pris en charge. Seuls les équipements en panne, sans pièces disponibles, ou dont l’accès est durablement perdu, sont généralement remplacés.

    Comment récupérer l’accès à une supervision si les identifiants sont perdus ?

    Il faut d’abord vérifier si le fabricant ou l’intégrateur d’origine peut réinitialiser l’accès à distance. À défaut, une remise à zéro du contrôleur, voire son remplacement, reste la seule option fiable. Dans tous les cas, les nouveaux comptes créés doivent être nominatifs et propres au nouvel exploitant.

    Qui doit remettre la documentation d’une GTB existante ?

    Quand un contrat de maintenance est toujours actif, le prestataire en place reste la première source de documentation. En l’absence de contrat ou de prestataire joignable, la documentation doit être reconstituée lors de la reprise, à partir de l’inventaire et des tests réalisés sur site.

    Une GTB abandonnée doit-elle être inspectée avant d’être remise en service ?

    Si le bâtiment est concerné par le décret BACS (chauffage ou climatisation de plus de 70 kW), l’inspection périodique de l’article R175-5-1 reste due indépendamment de l’historique de maintenance. Elle n’est pas un préalable légal à la remise en service elle-même, mais elle permet de documenter l’état réel du système dès la reprise.

    Une GTB existante dont vous n’êtes plus sûr de l’état ?

    Vous gérez un bâtiment avec une GTB existante, mal documentée ou sans prestataire actif ? Décrivez-nous votre installation, nous vous répondons après visite.

  • Décret BACS : quelles sanctions, vraiment ?

    Décret BACS : quelles sanctions, vraiment ?

    Le décret BACS ne prévoit, à ce jour, aucune sanction chiffrée propre à ce texte : ni amende, ni pénalité annuelle. Le chiffre de « 1 500 € » que l’on trouve souvent en ligne vient en réalité d’un autre dispositif, le décret tertiaire. Le vrai risque, pour un bâtiment concerné par le décret BACS, se situe ailleurs : l’inspection périodique, le bail, et l’assurance.

    Ce que prévoient les textes du décret BACS

    L’article R175-2 du code de la construction et de l’habitation impose l’installation d’un système d’automatisation et de contrôle, la GTB, dans les bâtiments à activité tertiaire dont le chauffage ou la climatisation dépasse 70 kW de puissance nominale utile. L’article R175-5-1 impose ensuite une inspection périodique de ce système, au plus tard tous les cinq ans. Ni ces deux articles, ni le décret n° 2023-259 du 7 avril 2023 qui les complète, ne fixent d’amende ou de pénalité en cas de manquement. Les seuils, les échéances et le détail des obligations sont réunis dans notre article de référence sur le décret BACS, et notre offre de mise en conformité au décret BACS détaille comment nous accompagnons ce diagnostic.

    D’où vient le chiffre de « 1 500 € par an » ?

    Ce montant existe bien dans les textes, mais il ne concerne pas le décret BACS : il vient du décret tertiaire, le dispositif Éco Énergie Tertiaire, régi par l’article R185-2 du même code. Les deux décrets partagent le même public — les bâtiments à activité tertiaire — et sont souvent confondus dans les articles trouvés en ligne, y compris chez des professionnels du secteur. Leurs seuils, leurs obligations et leurs sanctions restent pourtant distincts : voir notre page sur le décret tertiaire.

    Décret BACS et décret tertiaire : deux régimes, une seule sanction

    Un même bâtiment peut relever de l’un, de l’autre, des deux, ou d’aucun des deux : le seuil du décret BACS porte sur la puissance de chauffage ou de climatisation, celui du décret tertiaire sur la surface d’activité tertiaire.

    Décret BACSDécret tertiaire
    Seuil d’applicationChauffage ou climatisation > 70 kW de puissance nominale utileBâtiment ou ensemble de bâtiments > 1 000 m² d’activité tertiaire
    Obligation principaleInstaller et inspecter un système d’automatisation et de contrôle (la GTB)Réduire les consommations et déclarer sur OPERAT
    Sanction chiffréeAucune, à ce jourJusqu’à 7 500 € pour une personne morale, 1 500 € pour une personne physique, après mise en demeure
    ArticleR175-2 et suivants (CCH)R185-2 (CCH)

    Pour le décret tertiaire, la procédure est graduée : mise en demeure de se conformer sous trois mois, publication de la liste des mises en demeure restées sans effet sur un site de l’État, puis, si le programme d’actions exigé par le préfet n’est toujours pas réalisé, amende administrative plafonnée à 7 500 € pour une personne morale. Ce plafond n’est pas un forfait automatique : c’est un maximum que l’administration peut prononcer au terme de cette procédure.

    Sans sanction chiffrée, quels sont les vrais risques du décret BACS ?

    L’absence de sanction dans le texte ne supprime pas le risque : elle le déplace vers trois terrains où le décret ne dit rien lui-même.

    • Le contrat. Rien n’empêche un bail commercial, notamment dans son annexe environnementale, de prévoir une clause sur l’entretien ou la mise en conformité de la GTB entre bailleur et preneur. En cas de manquement, c’est alors une question de responsabilité contractuelle, à apprécier au regard du bail. Voir qui, du bailleur ou du locataire, est responsable de la GTB.
    • L’assurance. Un contrat d’assurance dommages peut conditionner sa garantie à l’entretien des installations techniques du bâtiment. En cas de sinistre lié à une GTB non entretenue ou jamais inspectée, la question de la garantie se règle avec l’assureur, pas avec le décret.
    • La preuve. En cas de contrôle, de litige ou de sinistre, le rapport d’inspection reste le seul document qui établisse l’état réel du système à un instant donné. Son absence ne déclenche aucune amende, mais elle prive le propriétaire de cet élément de preuve.

    Pas d’inspection périodique : quel risque, concrètement ?

    À ce jour, aucune sanction n’est prévue par les textes pour un défaut d’inspection périodique au sens de l’article R175-5-1. L’obligation existe pourtant, avec un délai de cinq ans, ramené à deux ans après l’installation ou le remplacement de la GTB ou d’un équipement raccordé. Le détail de cette obligation, et ce que l’inspection contrôle réellement, est détaillé dans notre page sur l’inspection périodique de la GTB. Les textes réglementaires évoluent : le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a par exemple repoussé une échéance du décret BACS de 2027 à 2030. Une absence de sanction aujourd’hui ne garantit pas qu’il en sera toujours ainsi.

    À retenir : le décret BACS ne prévoit aucune amende propre. Le chiffre de 1 500 € (ou 7 500 €) vient du décret tertiaire, un dispositif distinct (article R185-2). Les risques réels d’un bâtiment BACS sans GTB conforme sont contractuels et assurantiels, pas une sanction administrative du décret lui-même.

    Questions fréquentes

    Qui contrôle le respect du décret BACS ?

    Les textes actuels ne créent pas de corps de contrôle dédié à la GTB elle-même. C’est l’inspection périodique, réalisée à l’initiative du propriétaire du système (article R175-5-1), qui documente l’état de conformité. Pour le décret tertiaire, en revanche, la déclaration sur OPERAT est vérifiable par le préfet, qui peut engager la procédure de mise en demeure.

    Le bail peut-il prévoir une pénalité en cas de non-conformité au décret BACS ?

    Oui. Le décret ne l’impose pas, mais bailleur et preneur peuvent ajouter au bail, en particulier dans l’annexe environnementale, une clause sur l’entretien ou la mise en conformité de la GTB. Voir notre article sur la répartition entre bailleur et locataire.

    Une GTB non conforme peut-elle jouer contre moi en cas de sinistre ?

    C’est un risque contractuel et assurantiel, pas une sanction du décret BACS. Vérifiez auprès de votre assureur si l’entretien de vos installations techniques conditionne votre garantie, et conservez vos rapports d’inspection : ils constituent la seule preuve écrite de l’état du système.

    Le décret BACS est-il reporté à 2030 pour tous les bâtiments ?

    Non. Pour les bâtiments existants dont le chauffage ou la climatisation est compris entre 70 et 290 kW, l’obligation s’applique au renouvellement du système, et au plus tard le 1er janvier 2030 — ce report ayant été fixé par le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025. Au-delà de 290 kW, l’obligation s’applique depuis le 1er janvier 2025, sans attendre un renouvellement. Voir le calendrier complet par seuil de puissance.

    Un bâtiment concerné par le décret BACS ou le décret tertiaire ?

    Vous gérez un bâtiment concerné ? Décrivez-nous votre installation, nous vous répondons après visite.

  • GTB, GTC, BACS, BMS : quelle différence ?

    GTB, GTC, BACS, BMS : quelle différence ?

    GTB, GTC, BACS et BMS désignent des réalités proches, pas identiques. La GTB pilote plusieurs lots techniques d’un bâtiment ; la GTC en est, pour l’ANSSI, un sous-élément, et centralise souvent un seul lot ou type d’installation. BACS est le sigle anglais que le ministère emploie pour le décret et pour le système qu’il impose ; BMS est le terme anglais courant chez les fabricants et intégrateurs internationaux. Aucun de ces sigles n’a de définition réglementaire qui trancherait tout : c’est le périmètre décrit qui compte.

    Qu’est-ce qu’une GTC ?

    La gestion technique centralisée rassemble en un point unique la surveillance et la commande d’installations techniques : états de marche, défauts, mesures, consignes. Il n’existe pas de définition réglementaire unique de la GTC. Dans l’usage courant de la profession, une GTC centralise souvent un seul lot ou un seul type d’installation, par exemple le lot chauffage, ventilation et climatisation d’une chaufferie, ou l’éclairage. Le détail est présenté sur notre page consacrée à la GTC.

    Qu’est-ce qu’une GTB ?

    La gestion technique du bâtiment supervise plusieurs lots à la fois et les fait fonctionner ensemble : chauffage, climatisation, ventilation, éclairage, comptage de l’énergie, parfois d’autres équipements. Selon l’ANSSI, la gestion technique du bâtiment est un système « généralement constitué de sous-systèmes de gestion technique centralisée (GTC) ». La GTC est donc une brique de la GTB, pas son concurrent : une installation peut commencer par un lot, puis s’étendre quand d’autres lots s’y raccordent.

    BACS et BMS : d’autres noms pour la GTB ?

    BACS (building automation and control system) est le sigle anglais issu de la directive européenne, que le ministère utilise pour désigner le décret et le système qu’il impose. Le décret et le code de la construction et de l’habitation, eux, parlent de « système d’automatisation et de contrôle ». Dans un cahier des charges qui vise l’obligation réglementaire, reprenez cette expression, avec « BACS » entre parenthèses.

    BMS (building management system) est l’appellation anglaise la plus répandue dans les documents des fabricants et des intégrateurs internationaux pour désigner une GTB. Ce n’est pas un terme réglementaire : si vous l’employez, décrivez le périmètre attendu, comme pour les autres sigles.

    TermeCe qu’il désigneQuand l’employer
    GTCCentralisation de la surveillance et de la commande, souvent sur un seul lot ; sous-élément de la GTB selon l’ANSSIUn projet limité à un lot ou à un type d’installation
    GTBSupervision de plusieurs lots qui fonctionnent ensembleUn bâtiment tertiaire avec plusieurs lots à relier
    BACSSigle du ministère pour le système d’automatisation et de contrôle du décretToute référence à l’obligation réglementaire, avec l’expression française
    BMSTerme anglais courant pour la GTB, sans valeur réglementaireUn document rédigé en anglais ou pour un groupe international

    Quel terme écrire dans un cahier des charges ?

    Décrivez d’abord le périmètre réel plutôt que le sigle : lots à superviser, échanges attendus entre eux, fonctions exigées, et obligation ou non de conformité au décret. Un projet limité à un lot peut s’appeler GTC ; dès que plusieurs lots doivent fonctionner ensemble, ou que le bâtiment est concerné par le décret, il est préférable de parler de GTB. En pratique, beaucoup de professionnels emploient les deux mots l’un pour l’autre : c’est le périmètre fonctionnel décrit qui fait foi, pas le nom. Notre méthode d’intervention part d’un relevé de l’existant pour fixer ce périmètre.

    Cette précision évite deux écueils dans un appel d’offres. Demander une GTB alors que le besoin se limite à un lot conduit à surdimensionner l’architecture et la supervision. À l’inverse, demander une GTC pour un bâtiment concerné par le décret, avec plusieurs lots à relier, expose à reprendre l’installation dès que le second lot doit y être raccordé.

    À retenir : GTC et GTB ne s’opposent pas, elles s’emboîtent. BACS est le sigle de l’obligation réglementaire, BMS un terme commercial anglais. Dans tous les cas, écrivez le périmètre attendu.

    Une GTC suffit-elle pour respecter le décret BACS ?

    Pas forcément : ce n’est pas le nom de l’installation qui compte, mais ce qu’elle relie et ce qu’elle sait faire. Le décret vise les bâtiments tertiaires dont le chauffage, ou la climatisation, dépasse 70 kW de puissance nominale utile ; les deux seuils se calculent séparément, sans additionner le chaud et le froid (voir comment calculer la puissance de 70 kW).

    Une fois le bâtiment concerné, le système doit relier le chauffage ou la climatisation qui dépasse le seuil, et le raccordement des autres systèmes techniques doit être étudié : climatisation sous le seuil, ventilation, eau chaude sanitaire, éclairage, production d’électricité. Dans un bâtiment existant, ils sont raccordés lorsque c’est rentable en moins de dix ans. Le système doit aussi remplir les fonctions du décret : suivi des consommations par zone fonctionnelle au pas horaire, conservation des données, détection des pertes d’efficacité, interopérabilité. Enfin, deux systèmes qui desservent les mêmes zones ou les mêmes usages doivent être mutualisés ou, au minimum, communiquer entre eux.

    Un cas courant à vérifier : un chauffage piloté par une GTC, et une climatisation pilotée à part par son propre système. Même si les deux sont automatisés, ils ne remplissent pas forcément les fonctions attendues pour l’ensemble du bâtiment. Voir notre page sur la conformité au décret BACS pour le détail des fonctions et des échéances.

    Questions fréquentes

    Une GTC qui ne pilote que le chauffage, la ventilation et la climatisation, est-ce encore une GTC ?

    Dans l’usage courant, oui : chauffage, ventilation et climatisation forment souvent un même lot, et une GTC qui le pilote seul reste une GTC. Il n’existe pas de règle officielle qui fixe la limite ; quand d’autres lots s’y raccordent et fonctionnent ensemble, on parle plutôt de GTB.

    Peut-on faire évoluer une GTC vers une GTB ?

    Oui, c’est une trajectoire courante : on raccorde d’autres lots et on ajoute une supervision commune, sans forcément tout remplacer, selon les protocoles déjà en place. Voir faire évoluer une GTC vers une GTB.

    GTB et domotique, est-ce la même chose ?

    Non. La domotique concerne le logement. La GTB s’adresse aux bâtiments professionnels : magasins, entrepôts, bureaux, concessions, établissements publics. Les enjeux ne sont pas les mêmes : surface, puissances installées, obligations réglementaires, exploitation par plusieurs personnes.

    Supervision et hypervision, quelle différence ?

    La supervision est l’écran qui affiche et commande une GTB. L’hypervision regroupe sur un même écran plusieurs supervisions, par exemple celles de plusieurs sites d’un même réseau. Voir la supervision d’une GTB et la GTB multisite.

    Un projet à définir, entre GTC et GTB ?

    Décrivez-nous les lots techniques concernés ; nous vous aidons à fixer le bon périmètre après visite.