Le décret BACS concerne les bâtiments où s’exerce une activité tertiaire dès que la puissance nominale utile de leurs équipements de chauffage, ou celle de leurs équipements de climatisation, dépasse 70 kW. Les deux seuils se calculent séparément : chaud et froid ne s’additionnent pas. Les équipements de secours et les appareils mobiles sont exclus, l’eau chaude sanitaire aussi, sauf production mixte. Voici la méthode du ministère, avec trois exemples chiffrés.
Quels équipements compter ?
Le décompte porte sur l’ensemble des équipements de production de chaleur ou de froid d’un même bâtiment, qu’ils soient centralisés dans une chaufferie ou répartis dans les locaux : chaudières, pompes à chaleur, groupes froids, climatiseurs, mais aussi convecteurs, panneaux rayonnants et batteries électriques des centrales de traitement d’air. On additionne la puissance nominale utile de chaque appareil, c’est-à-dire la puissance maximale qu’il peut fournir, telle que déclarée par le fabricant. Pour une machine thermodynamique, ce sont les puissances calorifique et frigorifique déclarées dans les conditions d’essai de la norme EN 14511.
Un équipement de secours sort du calcul. Le ministère le définit précisément : un appareil normalement à l’arrêt, destiné à remplacer un équipement momentanément indisponible, qui n’apparaît pas dans la cascade de régulation et ne peut démarrer qu’après un défaut du système principal. Avec trois chaudières identiques dont une répond à cette définition, la puissance retenue est au maximum les deux tiers du total installé. En revanche, si la régulation peut appeler deux chaudières en même temps, aucune n’est un secours : leurs puissances s’additionnent. Les appareils mobiles (climatiseur ou radiateur d’appoint) sont eux aussi exclus.
Chauffage et climatisation : deux totaux séparés
La puissance du chauffage ne s’ajoute pas à celle de la climatisation. Le ministère l’écrit sans ambiguïté : le seuil d’assujettissement se détermine d’un côté pour le chaud, de l’autre pour le froid. Un bâtiment qui a 60 kW de chauffage et 60 kW de climatisation n’est donc pas concerné, même si le total atteint 120 kW.
Cas de la pompe à chaleur réversible : sa puissance en chaud s’ajoute aux autres puissances de chauffage du bâtiment, et sa puissance en froid aux autres puissances de climatisation. L’exemple officiel : une pompe à chaleur de 10 kW en chaud et 8 kW en froid, avec une chaudière de 25 kW, donne 35 kW en chaud et 8 kW en froid.
À retenir : faites deux additions distinctes, l’une pour le chaud, l’autre pour le froid, et comparez chacune au seuil de 70 kW. Il suffit que l’une des deux le dépasse pour que le bâtiment soit concerné.
Chauffage électrique, auxiliaires et eau chaude sanitaire
Le chauffage électrique direct compte : pour des convecteurs, des panneaux rayonnants ou la batterie électrique d’une centrale de traitement d’air, la puissance retenue est la puissance électrique maximale de l’appareil, qui est aussi la chaleur qu’il produit. Elle s’additionne aux autres équipements de chauffage du bâtiment.
À l’inverse, la puissance électrique des pompes de circulation et des ventilateurs n’entre pas dans le calcul : ces auxiliaires distribuent la chaleur ou le froid, ils ne les produisent pas. Dans une centrale de traitement d’air, on compte donc la batterie électrique de chauffage, mais pas les ventilateurs.
Un préparateur dédié exclusivement à l’eau chaude sanitaire, même alimenté au gaz, ne compte pas dans le seuil, car le décret ne vise que le chauffage et la climatisation. Un appareil qui produit à la fois le chauffage et l’eau chaude sanitaire compte en revanche pour toute sa puissance. Exclue du seuil, la production d’eau chaude sanitaire reste un système technique dont le raccordement à la GTB devra être étudié si le bâtiment est assujetti.
Réseau de chaleur ou de froid, et site de plusieurs bâtiments
Pour un bâtiment raccordé à un réseau de chaleur ou de froid urbain, ce ne sont ni les chaufferies du réseau ni les émetteurs qui comptent : l’assujettissement dépend de la puissance calorifique de l’échangeur primaire de livraison, la sous-station. Si deux bâtiments d’un même site sont livrés par un seul échangeur de 300 kW, les deux sont assujettis, même si l’un d’eux dispose de sa propre sous-station alimentée par cet échangeur.
Même logique pour une production centralisée commune à plusieurs bâtiments d’un site : on additionne la puissance de l’installation collective et celle des éventuels équipements propres à chaque bâtiment. Trois bâtiments desservis par une chaufferie de 150 kW sont chacun évalués sur 150 kW, pas sur 50 kW. Un patrimoine de plusieurs constructions reliées à une même production doit donc être regardé dans son ensemble.
Des équipements installés par vos locataires
Dans un bâtiment occupé par plusieurs entreprises, chacune propriétaire de ses équipements, on additionne les puissances de chauffage de tous les propriétaires entre elles, puis celles de climatisation entre elles, même si les appareils ne sont pas raccordés au même réseau. Si l’une des deux sommes dépasse 70 kW, chaque propriétaire doit raccorder ses équipements à une GTB. Des systèmes entièrement indépendants, qui ne desservent ni les mêmes zones ni les mêmes usages, peuvent avoir chacun leur GTB ; des systèmes qui se recoupent doivent partager une GTB ou, au minimum, communiquer entre eux.
Savoir qui est propriétaire d’un équipement posé par un locataire dépend du bail : voir GTB en local loué : bailleur ou locataire, qui est responsable ?
Trois exemples chiffrés
| Situation | Calcul | Bâtiment concerné ? |
|---|---|---|
| Trois chaudières de 25 kW, dont une répond à la définition du secours | 25 + 25 = 50 kW retenus. Sans secours avéré, 75 kW. | Non avec le secours avéré ; oui sinon |
| Deux chaudières de 40 kW que la régulation peut appeler ensemble, plus une climatisation de 45 kW | Chaud : 40 + 40 = 80 kW. Froid : 45 kW. Deux totaux distincts. | Oui, par le chaud. La climatisation ne déclenche pas l’obligation à elle seule, mais son raccordement à la GTB devra être étudié. |
| Bâtiment loué à trois enseignes, chacune propriétaire de sa climatisation de 30 kW | 30 + 30 + 30 = 90 kW de climatisation | Oui : chaque propriétaire raccorde ses équipements |
Être concerné ne veut pas dire être en retard. L’obligation s’applique depuis le 1er janvier 2025 au-delà de 290 kW ; entre 70 et 290 kW, pour un bâtiment existant, elle s’applique au renouvellement du système de chauffage ou de climatisation et au plus tard le 1er janvier 2030. Voir l’échéance de 2030.
Une fois le bâtiment concerné, la GTB doit relier le chauffage ou la climatisation qui dépasse le seuil, et le raccordement des autres systèmes techniques doit être étudié : dans un bâtiment existant, ils sont raccordés lorsque c’est rentable en moins de dix ans. Ces exemples suivent la méthode du ministère ; ils ne remplacent pas un relevé sur site, qui vérifie la puissance déclarée de chaque appareil et le fonctionnement réel des secours.
Questions fréquentes
Une chaudière de secours compte-t-elle dans le calcul ?
Non, si elle est normalement à l’arrêt, hors de la cascade de régulation, et ne démarre qu’après un défaut du système principal. Une chaudière que la régulation peut appeler en complément des autres n’est pas un secours, même si elle fonctionne rarement.
Une pompe à chaleur réversible compte-t-elle pour le chaud et pour le froid ?
Oui : sa puissance en chaud s’ajoute au total chauffage, sa puissance en froid au total climatisation, et les deux totaux restent comparés séparément au seuil de 70 kW.
La puissance retenue est-elle électrique ou thermique ?
On retient la puissance que l’appareil fournit en chaleur ou en froid. Pour une chaudière ou une pompe à chaleur, ce n’est pas sa consommation électrique. Pour un chauffage électrique direct (convecteurs, batterie électrique d’une centrale de traitement d’air), c’est sa puissance électrique maximale, qui compte dans le total chauffage. Seuls les auxiliaires, pompes et ventilateurs, sont écartés.
Qui doit faire ce calcul ?
Le décret ne désigne pas de professionnel pour ce décompte. En pratique, il faut rassembler les fiches techniques de chaque équipement et trancher les cas de secours, d’usage mixte ou de réseau de chaleur : un relevé sur place lève ces doutes.
Sources : Ministère de la transition écologique, FAQ du décret BACS : FAQ 05 — plusieurs propriétaires de systèmes ; FAQ 07 — site de plusieurs bâtiments et production centralisée ; FAQ 08 — calcul de la puissance nominale utile, secours, réseaux de chaleur ; FAQ 09 — pompes, ventilateurs et batteries électriques ; FAQ 10 — eau chaude sanitaire ; FAQ 11 — chauffage et climatisation, pompe à chaleur réversible ; FAQ 12 — plusieurs équipements dans un même bâtiment ; guide d’application du décret BACS (janvier 2026) ; Légifrance, article R175-2 du code de la construction et de l’habitation. Textes consultés le 26 septembre 2026.
Vous voulez savoir si votre bâtiment est concerné ?
Décrivez-nous votre installation ; nous établissons le décompte de puissance après visite.


