Le décret BACS n’impose pas une classe unique pour tout le bâtiment : la classe C suffit pour la plupart des fonctions de régulation d’une GTB, mais deux fonctions précises exigent déjà la classe B, et deux autres la classe A. La classe retenue pour l’ensemble du bâtiment est toujours la plus faible des classes atteintes, fonction par fonction.
Que sont les classes A, B, C et D d’une GTB ?
La norme NF EN ISO 52120-1 classe l’automatisation et la régulation d’un bâtiment en quatre niveaux, de D (le plus faible) à A (le plus avancé). Chaque fonction technique — régulation du chauffage, gestion des points de consigne, suivi des consommations — reçoit sa propre classe, selon le niveau d’automatisation réellement installé pour cette fonction précise. Un même bâtiment peut ainsi combiner plusieurs classes selon les fonctions, et la norme fixe la règle pour en déduire une classe globale. Cette classe ne concerne que la fonction de régulation : elle s’ajoute aux conditions d’assujettissement au décret, qui dépendent elles de la puissance installée (voir comment calculer la puissance de 70 kW du décret BACS).
Quelle classe le décret BACS exige-t-il, fonction par fonction ?
D’après la FAQ officielle BACS, le décret ne retient pas la même exigence pour toutes les fonctions de régulation couvertes par la norme NF EN ISO 52120-1. Trois d’entre elles sont soumises à un plancher plus élevé que la classe C :
| Fonction (norme NF EN ISO 52120-1) | Classe minimale exigée par le décret BACS |
|---|---|
| Gestion des points de consigne (fonction 7.1) | B, ou équivalent |
| Gestion du temps de fonctionnement (fonction 7.2) | A, ou équivalent |
| Rapport de consommation et des conditions intérieures (fonction 7.4) | A, ou équivalent |
| Autres fonctions de régulation couvertes par la norme | C, ou équivalent |
Seules les fonctions qui ont un effet pertinent pour le bâtiment concerné doivent être considérées : un bâtiment sans climatisation n’a par exemple pas besoin d’une régulation individuelle par pièce pour cet usage. L’évaluation se fait donc au cas par cas, fonction technique installée par fonction technique installée.
Comment la classe globale du bâtiment est-elle déterminée ?
L’évaluation se fait système technique par système technique, y compris lorsqu’un même usage combine plusieurs typologies d’équipements. Pour chaque système, la classe la plus faible atteinte parmi ses fonctions définit la classe de ce système ; la classe la plus faible parmi les systèmes définit à son tour la classe globale du bâtiment. La FAQ officielle donne un exemple concret : un bâtiment qui combine un chauffage central et des convecteurs électriques doit faire respecter la classe minimale sur chacun des deux modes de chauffage ; si le chauffage central atteint la classe C pour la régulation de l’émission et les convecteurs la classe B, le bâtiment reçoit la classe C, la plus faible des deux.
Cette logique du « maillon le plus faible » explique pourquoi un bâtiment peut avoir, par exemple, un éclairage en classe B et un chauffage en classe C : la classe globale retenue sera C.
La classe C sur l’ensemble des fonctions suffit-elle ?
Non. Même si toutes les fonctions de régulation d’un bâtiment atteignent la classe C, cela ne suffit pas à respecter le décret BACS : la fonction de gestion des points de consigne doit atteindre au moins la classe B, et la gestion du temps de fonctionnement ainsi que le rapport de consommation et des conditions intérieures doivent atteindre au moins la classe A. Une GTB entièrement en classe C sur ces trois fonctions précises ne répond donc pas aux exigences du décret, même si elle les respecte pour toutes les autres fonctions.
Pourquoi viser la classe A ou B au-delà du minimum ?
Respecter les classes minimales exigées par le décret BACS ne donne pas automatiquement droit à des aides. La fiche d’opération standardisée BAT-TH-116, qui permet d’obtenir des certificats d’économies d’énergie (CEE) pour l’installation d’un système d’automatisation et de contrôle, exige que l’ensemble des fonctions applicables atteigne la classe A ou B, et pas seulement les trois fonctions soumises à ce plancher par le décret. L’éligibilité aux CEE se vérifie donc fonction par fonction, au regard du tableau applicable à la fiche, et non au regard du seul respect du décret. Le détail des obligations générales du décret, seuils et échéances compris, reste sur notre page décret BACS : quelles obligations de GTB et sur notre offre de mise en conformité au décret BACS ; le choix des automates capables d’atteindre ces classes relève du travail de l’intégrateur GTB.
À retenir : ce que le décret impose, c’est une classe minimale différente selon la fonction (B pour les points de consigne, A pour le suivi du temps de fonctionnement et des consommations, C pour le reste) — pas une classe unique pour tout le bâtiment. Ce qui dépend du bâtiment, c’est la liste des fonctions réellement concernées, selon les équipements installés (chauffage, climatisation, éclairage…). Ce que nous recommandons : évaluer dès l’étude la classe atteignable fonction par fonction, pour anticiper à la fois la conformité au décret et une éventuelle éligibilité aux CEE.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la classe d’une GTB ?
C’est un niveau de performance défini par la norme NF EN ISO 52120-1, de D (le plus faible) à A (le plus avancé), attribué fonction par fonction selon le niveau d’automatisation réellement installé pour cette fonction.
Quelle classe minimale le décret BACS impose-t-il ?
La classe C pour la plupart des fonctions de régulation, mais la classe B pour la gestion des points de consigne, et la classe A pour la gestion du temps de fonctionnement et pour le rapport de consommation et des conditions intérieures.
Comment calcule-t-on la classe globale d’un bâtiment ?
En retenant, pour chaque système technique, la classe la plus faible parmi ses fonctions, puis en retenant, pour l’ensemble du bâtiment, la classe la plus faible parmi tous les systèmes évalués.
Une GTB existante peut-elle être reclassée sans tout remplacer ?
Cela dépend des fonctions déjà couvertes par les automates et capteurs en place : certaines fonctions peuvent parfois être relevées par un paramétrage ou un ajout ciblé, d’autres nécessitent un équipement supplémentaire. Seule une visite permet de l’évaluer fonction par fonction.
Atteindre la classe A ou B donne-t-il automatiquement droit à des aides ?
Non. Le respect des classes minimales du décret BACS ne suffit pas pour la fiche CEE BAT-TH-116 : celle-ci exige que l’ensemble des fonctions applicables, et pas seulement celles ciblées par le décret, atteigne la classe A ou B.
Sources : ministère de la transition écologique, FAQ officielle BACS — FAQ 14, FAQ 15, FAQ 17, FAQ 18 et FAQ 19 ; guide d’application du décret BACS (janvier 2026). Textes consultés le 6 octobre 2026.
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